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Maternité : une grossesse à risque pour les mères prématurées

Publiée dans le Journal de l'association médicale canadienne du 24 septembre 2012, une étude dirigée par Anne Monique Nuyt, néonatologiste et chercheuse (CHU Sainte-Justine, Montréal) a démontré que les femmes nées avant 37 semaines d'aménorrhée ont des risques accrus de complications tels les diabètes, l’hypertension artérielle et l’éclampsie durant leur grossesse. Le niveau du risque est doublé chez celles qui ont eu naissance très prématurée (avant 32 semaines d'aménorrhée).

Dans leur rapport, les spécialistes confirment que le manque de poids à la naissance est un véritable facteur de risque pour les accidents cardio-vasculaires et les troubles métaboliques comme le diabète. C’est également le cas pour les diverses problèmes d’hypertension artérielles durant la grossesse.

Une base de données fiable

Pour faire évoluer leur recherche sur les liens entre la prématurité de la mère, les pathologies de la grossesse et le manque de poids du nouveau-né, les spécialistes se sont basés sur deux registres du Québec. Le premier document rassemble le poids à la naissance et l'âge gestationnel de tous les enfants nés depuis 1976. Le deuxième a été réalisé en 1987 et contient des informations sur les hospitalisations dans la région canadienne. L’équipe d’Anne Monique Nuyt a réussi à relever les cas de 7 405 femmes nées prématurées depuis 1976 et ayant enfanté entre 1987 et 2008. Leurs profils ont été confrontés à ceux de 16 714 femmes nées à terme.

Du point de vue statistique, les données divergent sur l’existence de complication de grossesse (diabète, hypertension, pré-éclampsie ou éclampsie) : 11,7 % chez les femmes nées à terme, 13,2 % chez les prématurées de 32 et 36 semaines d'aménorrhée et 19,9 % chez les grandes prématurées (avant 32 semaines).

Pour Anne Monique Nuyt, il s’agit de réorienter la vigilance du coté des mères : « Notre but n'est pas d'être alarmiste. En pratique, les femmes nées prématurées et surtout celles nées très prématurées ne représentent qu'une faible proportion de la population des femmes présentant des complications de grossesse. La recherche d'hypertension artérielle et de diabète est déjà systématique chez les femmes enceintes, mais nos résultats incitent à un peu plus de vigilance chez les anciennes prématurées. »